Planet of the Apes (Franklin J. Schaffner, 1968)

La littérature et le cinéma de science-fiction ont souvent anticipé les dangers et les enjeux écologiques, et une partie des œuvres rejoignent désormais les actuelles prévisions alarmistes des climatologues et scientifiques. Une catastrophe mondiale n’est plus seulement un élément narratif intéressant, mais est devenu un horizon pessimiste de plus en plus accepté par la majorité des spectateurs. Les récents succès d’une reprise du cinéma post-apocalyptique (Mad Max: Fury Road) et d’un film de Steven Spielberg montrant un monde chaotique duquel on s’évade par le biais d’un jeu de rôle virtuel (Ready Player One), la volonté d’un retour de « cinéma de genre » dystopique en France (Dans la brume, malgré son faible score au box-office), le succès sur le thème de la fin du monde et des séries de zombies comme The Walking Dead (Frank Darabont et Robert Kirkman, 2010), les dernières élections américaines avec son lot de parodies imaginant Donald Trump déclarer une guerre avec un pays au détour d’un tweet maladroit, le succès dans les librairies françaises de Michel Onfray avec sa théorie du « grand remplacement » de notre civilisation judéo-chrétienne par celle de l’Islam (plus généralement l’idée que l’Occident est en train de mourir), bientôt une série télévisée, Twice as Bright d’Arthur Keller, centrée sur l’effondrement de la civilisation et les transitions vers la résilience et un monde viable, et bien d’autres choses encore traduisent le retour certain d’une crainte populaire (et parfois populiste quand elle est récupérée politiquement), d’une intuition ou en tout cas d’une anxiété inconsciente du public, des citoyens, des artistes ou des penseurs. Une anxiété autrefois associée à la Guerre Froide. Nous serions aux portes au mieux d’une transition difficile, au pire de temps de désolation desquels peu, voire aucun d’entre nous, ne sortirait indemne, et cela sans que nous ne réagissions plus que ça. 
De toute façon, ce serait déjà trop tard.

Mad Max: Fury Road (George Miller, 2015)

Je me suis penché en début d’année sur les « Théories de l’effondrement de la civilisation industrielle » qui n’ont, je précise, aucun rapport avec la fiction (même si je ferai des parallèles avec le cinéma), ni avec les articles d’une certaine presse alarmiste, racoleuse ou complotiste jouant avec les scénarios de fin du monde. En réalité très sérieuses, basées sur des études rendues publiques, vérifiables et rigoureuses, et s’appuyant sur de nombreuses publications scientifiques richement documentés et des indices mesurables (je donnerai quelques liens en fin d’article), elles démontrent ce que le cinéma de science-fiction semblait nous dire à sa manière depuis longtemps : nous sommes très mal barrés.

Si nul n’ignore désormais l’ampleur de la crise environnementale et léchec de la politique écologique moderne, linstabilité de la croissance ou la fragilité du marché financier mondial, beaucoup cependant, par déni, refusent d’imaginer ou d’accepter l’idée nous nous dirigeons tranquillement vers un basculement irréversible de la société, ou bien préfèrent ne rien savoir pour éviter la dépression. C’est pourquoi, avant toute chose, je me dois de faire un petit avertissement… 

L’Aventure c’est l’aventure (Claude Lelouch, 1972)

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Mon article, et son caractère plutôt anxiogène, catastrophiste, a certainement de quoi pourrir le moral des non-avertis. En mettant le cinéma en parallèle avec des extraits d’études scientifiques crédibles, des articles de presse sérieux ou de solides rapports d’experts évoquant l’avenir peu réjouissant que certains problèmes majeurs actuels nous réservent (a priori de plus en plus à court terme), je ne vais pas exagérer la noirceur dun propos désespérant, mais plutôt examiner froidement les choses. Ainsi, je vais développer des thèmes sombres et des problèmes graves mais tout à fait réels de notre société actuelle, et évoquer les probables conséquences, ou ce qui a le plus de chances de nous arriver demain. Chacun a une réaction différente à la découverte des Théories de l’effondrement qui seront abordées ici. Certains veulent savoir car souhaitent s’y préparer, d’autres sont dans le déni et refusent d’y croire, certains ne comprennent pas et pensent qu’il s’agit de la fin du monde, et d’autres encore peuvent tomber dans la déprime (il paraît que des personnes sortent en larmes ou en colère des récentes conférences surpeuplées de Pablo Servigne, chercheur français et auteur de Comment tout peut s’effondrer – vous trouverez son interview en fin d’article). Puisque je vais développer un sujet qui a de quoi empêcher de dormir pendant plusieurs nuits, il serait bon que ceux-là ne poursuivent pas.  

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War of the Worlds (Steven Spielberg, 2005)

La raison qui m’a amené à m’y intéresser vient d’une panne de courant. Un soir du mois de mars 2018, il y a eu une coupure d’électricité dans mon quartier (Paris, 7e), une coupure prévue par EDF mais ils avaient oublié de prévenir les riverains. Certains étaient descendus dans la rue et étaient prêts à souligner violemment leur contrariété aux ouvriers. La coupure ne devait durer qu’une heure et a finalement duré toute la nuit (le matériel censé les aider dans leur intervention était dans un camion bloqué dans des embouteillages, et cette situation, ces types qui n’avaient pas encore tout le nécessaire sur place, et qui pourtant, avaient déjà coupé le courant dans le quartier, me laissait rêveur). Je croisais certains habitants errant la tête en arrière, jetant un œil en vers un ensemble de fenêtres aux lumières éteintes, en pensant sûrement comme moi que le taux de natalité allait sûrement grimper d’ici neuf mois.
Un ami, nouvellement propriétaire d’un restaurant japonais au pied de mon immeuble, m’invitait à me réfugier au chaud (il faisait encore très froid) et m’offrait de manger ses derniers menus. J’ai pu sympathiser avec les derniers clients qui finissaient leur soirée dans un repas aux chandelles forcé, plus détendus que les quelques habitants en colère à l’extérieur, et ravis de compter un naufragé de plus dans cette ambiance de fin du monde assez agréable, dans laquelle il ne manquait que l’orchestre du Titanic.
Car pendant un soir et une nuit à Paris 7: plus de lumière, plus d’ordinateur après deux heures d’autonomie, plus de portable (que j’avais oublié de recharger), plus d’eau dans les lavabos des toilettes du restaurant (un robinet automatique qui se déclenche en passant sa main devant un détecteur – autant dire qu’après avoir serré les mains des clients qui étaient passés aux toilettes, je me suis bien lavé les miennes une fois rentré chez moi), plus de frigo, plus de micro-ondes, et j’ai dormi comme les autres habitants du quartier, c’est-à-dire avec des pulls sous la grosse couette car plus de chauffage…

Ce soir-là, une simple panne de courant m’a amené à réfléchir sur un sujet de dystopie souvent abordé (car évidemment passionnant) par les écrivains et réalisateurs de science-fiction, et à imaginer le degré de réalisme que les cinéastes (blog de cinéma oblige) ont pu présenter jusque là…

Allons-y pour les nuits blanches


Première remarque notable, autrefois il était courant de dire que nous étions en train de pourrir le monde pour les générations futures. La grande nouveauté des rapports scientifiques est que nous aggravons certes la situation mais pour notre propre avenir. Ce qui signifie que, de notre vivant, pour la grande majorité d’entre nous, nous connaîtrons l’effondrement et avons théoriquement peu de chances de posséder un jour une voiture volante, de porter une combinaison en aluminium, ou de voir Elon Musk (qui a beau accélérer ses recherches) faire de Mars en planète B. 

Connues depuis la fin des années 60 / début 70, ces théories nous concernent directement (oui nous, là, maintenant) puisque selon elles, tout se passera dans la première moitié du XXIe Siècle, mais a priori bien avant 2050.

Children of Men (Alfonso Cuarón, 2006)

Alors pas question ici d’une Apocalypse zombie prévue par le calendrier Maya, ni d’astéroïde prophétisé par Nostradamus, ni de Russes décidant de nous pulvériser à coups de Tsar Bomba, ni d’une épidémie d’un nouveau virus mortel créé en laboratoire, ni encore d’une attaque d’aliens hostiles venus d’une galaxie lointaine. De quoi est-il question exactement ? 
 
Il est d’abord question d’écologie, forcément, et dune planète ayant atteint les limites physiques de ses ressources en raison d’une trop grande activité humaine, ayant par ailleurs provoqué d’importantes modifications de l’environnement et de son écosystème (qui mènent déjà à lextinction de plus en plus despèces animales). Il est aussi question de cataclysmes liés à ces modifications, pour lesquelles l’été 2017 avec sa succession d’ouragans, d’inondations et d’incendies, n’a pas démontré le contraire et même dévoilé une fois de plus la vulnérabilité des pays riches comme pauvres face aux dérèglements climatiques. 
Et il est enfin question de l’effondrement en lui-même, c’est-à-dire une chute inévitable et irréversible du système économique à léchelle planétaire, menant à l’écroulement définitif des banques et laissant place à une société livrée à elle-même, devant faire face à des pénuries, une surpopulation, un manque de nourriture et d’eau, et une immense pauvreté, en gros la Grèce de 2010 mais étendu au monde entier. Tout un programme.

L’effondrement, c’est donc le résultat d’une combinaison de ces multiples problèmes, trop nombreux et devenus des défis difficiles (voire impossibles) à relever car ne pouvant pas être résolus de la façon dont fonctionnent nos sociétés. Il a même déjà commencé sous certains aspects et dans beaucoup de pays. Nous sommes à la fin de l’ère des énergies fossiles (charbon, pétrole ou gaz naturel) et du système-dette. Certains écosystèmes de plus en plus vulnérables vont disparaître (ou ont déjà disparu). Le dérèglement climatique se fait bel et bien ressentir, n’en déplaise à Donald Trump. Et l’interdépendance et la fragilité de notre économie globalisée mènent à des crises mondiales. 

Take Shelter (Jeff Nichols, 2011)

Le rapprochement par le public de ces théories avec la « fin du monde » ou l’Apocalypse, qui n’ont pas grand-chose à voir, s’explique par l’ampleur, l’immensité dun désastre qui serait sans précédent qui nous guette. En s’appuyant sur de nombreuses publications scientifiques évoquant le dépassement irrépressible et irréversible de certains seuils géo-bio-physiques globaux, il s’agira vraisemblablement de la période la plus bouleversante que connaîtrait l’humanité. Selon l’ancien ministre de l’écologie Yves Cochet (aujourd’hui président-fondateur de l’Institut Momentum, groupe de réflexion au sujet de l’imminence de l’effondrement de la civilisation industrielle), elle serait composée, à quelques années-près, de trois phases : d’abord la « fin du monde tel que nous le connaissons » (situé dans les années 2020 - 2030), l’intervalle de survie (2030 - 2040), et le début d’une renaissance (2040-2050), même si les scientifiques les plus alarmistes parlent de l’éventualité d’un début « d’Âge de la pénombre » qui nous rapprocherait d’un film comme The Road (John Hillcoat, 2009) avec Viggo Mortensen
Œuvre désespérée, adaptée dun roman post-apocalyptique du même titre publié en 2006 (prix Pulitzer de la fiction) et écrit par Cormac McCarthy (auteur de No Country For Old Men qui connaîtra une adaptation sublime par les frères Coen), le film se déroule pendant ce qui ressemble à un hiver nucléaire, dans des paysages de cendres où la faune a totalement disparu. Dans leur quête impossible d’un paradis perdu pour toujours, un père et son fils, comptant parmi les rares survivants de l’humanité, se retrouvent en permanence confrontés à la barbarie des autres survivants qui ont pour la plupart sombré dans la violence, le meurtre et le cannibalisme.
 
The Road (John Hillcoat, 2009)
 
Bien sûr, s’il venait à se produire comme prévu, l’effondrement ne serait pas forcément aussi brutal et il ne serait surtout pas le même en fonction des régions du globe, en raison de différences liées entre autres au climat, aux régimes politiques ou aux cultures de chaque pays. D’autant que certains d’entre eux connaissent déjà une situation qui se rapproche de la définition de l’effondrement donnée par Yves Cochet, c’est-à-dire : « une situation dans laquelle les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, mobilité, sécurité) ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi. » 

Comme je le disais précédemment, pour certains chercheurs sont pessimistes, et pour eux la possibilité d’une extinction de toutes les espèces vivantes, animale mais aussi humaine, est à prendre au sérieux. Mais le signe le plus décourageant aujourd’hui est d’observer les militants écologistes historiques baissant les bras, comme l’Anglais Paul Kingsnorth. Après des décennies de fervent militantisme environnemental, Kingsnorth a décidé qu’il était trop tard, affirmant que l’effondrement est dorénavant inévitable. Le New York Times y avait consacré un dossier de huit pages en 2014, et son opinion gagne de plus en plus à être connu du grand public (au moins de ceux qui s’inquiètent de l’avenir de la planète).

10 Cloverfield Lane (Dan Trachtenberg, 2016)
  
Bien entendu, ces théories sont évidemment a-do-rées par les survivalistes américains (et récupérées par les extrémistes de tous bords) qui se voient déjà terrés dans leur bunker high-tech inepte, armés et prêts à défendre leur famille et leur ravitaillement contre leur voisin affamé, en écoutant « New Frontier » de Donald Fagen pendant que belle-maman pédale pour faire du courant.  Les plus riches investissent déjà dans des terrains au milieu de nulle part, construisant leur abri en Nouvelle Zélande, où ils se voient s’établir près d’une source d’eau, faire leur potager et élever des chèvres tout en stockant quelques denrées alimentaires pour le moyen terme, en vue de réapprendre les savoir-faire élémentaires afin de reconstruire une civilisation
 
Selon toute vraisemblance, dans le cas d’un effondrement, les premiers et plus durement touchés seraient les habitants des grandes villes. La meilleure allégorie se trouve dans le cinéma de zombies : les survivants ont plus de chances d’être en sécurité en se tenant éloignés des points de concentration de la nourriture favorite des morts-vivants, c’est-à-dire les centres-villes, forcément remplis d’humains qui essaient de se cacher, avant que le phénomène ne se répande, et touche des endroits de plus en plus isolés, reculés, comme les petites villes, les campagnes et enfin, plus difficiles d’accès, les montagnes.
À ce sujet, il est intéressant de noter que certains spécialistes, comme le Français Pablo Servigne précédemment évoqué, ont préféré quitter la ville pour s’installer à la montagne avec leur famille…

Dawn of the Dead (Zack Snyder, 2004)

Les restaurants et supermarchés de Paris, par exemple, dépendent entièrement du grand marché de Rungis. L’armée française prend très sérieusement les hypothèses comme l’éventualité d’une menace terroriste sur Rungis, et se tient évidemment prête à intervenir militairement, même dans le cas d’une grève. Mais elle ne serait d’aucun recours si, pour des raisons plus complexes, Rungis nétait plus approvisionné, et ne serait pas non plus capable d’aider la population face à une situation qui dégénèrerait probablement dans la violence. Nous avons déjà pu voir récemment ce que provoque une promotion pour du Nutella, et connaissons les scènes d’hystérie collective au premier jour des soldes à H&M, deux exemples assez représentatifs des mouvements de masse (et ici pour des raisons dérisoires).

L’hiver dernier, trois centimètres de neige sur la France sont parvenus à créer 700 kilomètres d’embouteillages sur le réseau autoroutier d’Île-de-France, et à contraindre les routiers de se rendre dans des aires de stockage. Cela eut pour conséquence de vider des rayons entiers des magasins parisiens. La vidéo YouTube d’un couple de Québécois en train de regarder un journal télévisé français en se moquant du sort des habitants de la capitale, vidéo devenue virale et dont le succès a amené la télévision et la radio à la diffuser, montre (au delà du fossé entre nos deux pays) une vérité plutôt effrayante : nous ne sommes déjà pas capables de gérer une situation pourtant loin d’être alarmante, comment cela se passerait-il en cas de crise majeure ? En rappel à mon anecdote sur la coupure de courant, comme s’interroge Yves Cochet : « Y aura-t-il de l’électricité en Ile-de-France en 2035 ? » (article De la fin d’un monde à la renaissance en 2050, paru dans Libération)
 
Je n’ai pas parlé de l’origine de ces théories. Revenons en arrière, le temps d’un petit historique explicatif : en 1968, un certain Jay Forrester, théoricien au MIT et pionnier de l’informatique (il est l’inventeur de la mémoire RAM), fonde la Dynamique des systèmes qui permet, via une simulation informatique, de comprendre la complexité des systèmes et leur évolution dans le temps. Entouré d’une équipe dite du Club de Rome (un groupe de réflexion qui réunit aussi bien des scientifiques que des économistes, des fonctionnaires ou des industriels de 52 pays, entre autres), ils « modélisent » le monde dans ses interactions complexes, dans les sphères économique, démographique, environnementale. Ils créent un modèle de notre société avec ses données connues : taux de natalité et mortalité, croissance économique, industrielle, etc. 
Il manque bien sûr certains paramètres alors inconnus à cette époque, mais déjà ce modèle simplifié, baptisé World3, permet de voir comment tout cela évolue sur une période d’une centaine d’années. Résultat de l’expérience : effondrement des courbes avant la fin de la première moitié du XXIe Siècle... 
 
Stupéfaction au sein du petit groupe. Personne ne s’y attendait. Ils recommencent en ajoutant de nouvelles données, ou en modifiant des paramètres. Rebelote, les courbes chutent et indiquent que le système va s’effondrer… Au bout de plusieurs tests, plus ou moins scénarisés (« …et si on baisse la natalité, et si on dépollue la planète, et si on augmente les rendements agricoles… »), ils parviennent à stabiliser les courbes à partir d’un modèle de monde « idéalisé », en appliquant en même temps tous les scénarios précédemment essayés – à une époque où il n’est pas encore question de réchauffement climatique ni de fortes inégalités sociales, paramètres importants puisqu’ils accélèrent l’effondrement.
Ce modèle World3 a connu plusieurs vérifications, notamment en 1993 et 2004, qui ont confirmé son pronostic. 

Logan’s Run (Michael Anderson, 1976)

Le 1er mars 1972, alors que le monde vit encore dans les « Trente Glorieuses » et à l’apogée de sa croissance économique, le Club de Rome déclare que l’économie mondiale « tend à stopper sa croissance et à s’effondrer sous l’effet cumulé des limites sur les ressources, de la surpopulation et de la pollution. »  Notre civilisation ne peut simplement pas fonctionner de façon illimitée avec un mode de croissance. 

Ils publient les résultats dans leur premier rapport, The Limits to Growth, littéralement « Les Limites à la croissance », sorti chez nous sous le titre Halte à la croissance ? mais plus généralement évoqué sous le nom de Rapport Meadows (du nom de son principal rédacteur, Dennis Meadows).

C’est aussi durant les années 70 qu’apparaissent au cinéma les premiers films de science-fiction traitant d’écologie, une thématique novatrice dans Silent Running (1972) de Douglas Trumbull, puis dans Soleil vert de Richard Fleischer l’année suivante. Dans Silent Running, écrit entre autres par Michael Cimino alors à ses débuts, la Terre a été dévastée par un cataclysme écologique qui n’a laissé aucune ressource naturelle pour survivre. La planète n’ayant plus de végétation, l’astronaute botaniste Freeman Lowell (Bruce Dern), entouré de robots-assistants, cultive le reste de forêts et d’espèces végétales ayant été épargnées dans une serre, à bord du vaisseau-transporteur spatial Valley Forge.

Silent Running (Douglas Trumbull, 1972)

Poursuivons plus ou moins brièvement l’historique avec, en 1986, la sortie d’un essai qui fera date. Dans La Société du risque, analyse minutieuse et critique de la modernisation des sociétés contemporaines, le sociologue Ulrich Beck décrit la population comme étant « à bord d'un avion pour lequel aucune piste d’atterrissage n’a été construite à ce jour », et s’attaque aux acteurs « censés garantir la sécurité et la rationalité – l’État, la science et l’industrie. » À partir des années 2000, les scientifiques alertent, ou tentent d’alerter, de plus en plus l’opinion sur le réchauffement climatique qui risque de changer fondamentalement le monde tel que nous le connaissons.

Entre 2007 et 2009, le monde traverse une crise financière majeure, marquée par des faillites et conduisant à la crise de la dette publique grecque (laquelle manque de peu de s’étendre à l’Union Européenne), menant la Grèce à des années de récession pendant lesquelles le peuple se voit imposé des mesures d’austérité exceptionnelles, proches de scènes de guerre. Le pays affiche une nette hausse du chômage dans toutes les catégories sociales, de nouvelles catégories de pauvres apparaissent, les crimes, la prostitution et les maladies sexuellement transmissibles augmentent, les hôpitaux sont débordés, manquent de moyens et de médicaments et finissent par fermer, etc. 

Un article de France soir du 10 octobre 2011, intitulé Crise de la dette grecque : Plus de suicides et de prostitution, cite une étude britannique selon laquelle il y a eu, pendant cette période, une hausse de tendances « très inquiétantes, un doublement des cas de suicides, une hausse des homicides, une augmentation de 50 % des infections au virus HIV et des gens qui nous disent que leur santé a empiré mais qu’ils ne peuvent plus consulter de médecins même s’ils devraient le faire. » 

The Pianist (Roman Polanski, 2002)

Cette crise a rappelé à la planète toute entière la fragilité du système économique mondial, déséquilibré et à deux doigts de basculer. Par effet de contagion ou de dominos, des banques font faillite et entraînent dans leur chute d’autres banques qui étaient leurs créancières. En effet, dans notre économie internationalisée, l’interdépendance financière des grandes banques et l’interdépendance des marchés des biens font que l’effondrement économique d’un seul pays peut mener à une crise mondiale.

« L’histoire ne se répète pas, mais elle rime. » (Mark Twain)

Toutes les crises, y compris celle de 2007-2009, provenaient d’un excès de dette. Or, le monde n’a jamais été aussi endetté qu’aujourd’hui. Selon les pointages de la BRI (Banque des règlements internationaux), l’endettement public et privé dans 44 pays (dont tous les plus grands) atteint 160.000 milliards de dollars, soit 235 % du PIB, sans parler des dettes entre institutions financières. Pour donner un exemple, il était inférieur à 200 % du PIB au moment de la chute de la Lehman Brothers. Des spécialistes préviennent qu’une crise exceptionnelle et de grande ampleur aura sûrement lieu très prochainement (ceux qui ont une « connaissance dans le milieu » pourront vous dire qu’elle préconise de transformer nos économies en or, pour dire le niveau de confiance).

Last but not least, et pour en finir avec lhistorique, parlons de l’année 2014 où, dans la lignée du Club de Rome, c’est au tour de la NASA de conduire ses propres recherches sur le sujet à travers une étude qui va devenir célèbre, incluant le paramètre des inégalités dans leffondrement (un élément manquant dans le Rapport Meadows). Le Rapport HANDY (pour « Human And Nature DYnamical ») fera en effet le « buzz » du moins pendant quelques temps sur Internet, avec à la clé des articles sensationnalistes de fin du monde sur Yahoo Actu, bien sûr. Mais dans notre époque singulière de réseaux sociaux, où certains articles majeurs se perdent parfois au milieu de la nuée d’articles racoleurs sans fondements ou s’inscrivant dans la tradition des sujets apocalyptiques, entre le super-volcan qui menace d’exploser, l’astéroïde gigantesque comme le stade de France ou le retour de Sarkozy en politique, le « buzz » finit par s’y noyer.

Ce très sérieux Rapport HANDY confirme les conclusions du Rapport Meadows, et n’annonce rien de bon, sinon cette même chute inexorable de notre ère civilisationnelle dans les prochaines décennies, au mieux. Pour compléter leur rapport en utilisant des exemples concrets, les chercheurs de la NASA ont créé un rapprochement entre notre civilisation et d’anciennes disparues brutalement (Romains, Grecs, Mayas, Mésopotamiens, etc.), tirant la conclusion que l’exploitation excessive des ressources de la planète et le creusement des inégalités au sein de la société entre les plus riches et les plus pauvres, ont grandement participé aux causes des précédents effondrements des civilisations. Nous reproduisons simplement le même schéma.

Zardoz (John Boorman, 1974)

« What have they done to the Earth? What have they done to our fair sister? » (When The Music's Over, The Doors)

En cherchant vainement pendant des années, par des cris de plus en plus alarmistes, à avertir populations et dirigeants des risques qu’il y a à saccager autant l’environnement, d’extraire et d’exploiter les ressources jusqu’à la dernière goutte de pétrole, les climatologues et écologistes rappellent cette figure du héros, souvent américain, en tout cas lucide et donquichottesque. Ils ont longtemps cherché par tous les moyens à mettre en garde les autres contre un terrible danger et sont finalement peu écouté (avant que lhistoire ne leur donne raison), même et surtout, par les gens de pouvoir (qui ont évidemment un intérêt financier à protéger). Difficile à travers cette image de ne pas penser au duo Martin Brody (Roy Scheider) et Matt Hooper (Richard Dreyfuss) face au maire dAmityville (Murray Hamilton) dans Les Dents de la mer.

Jaws (Steven Spielberg, 1975)

Ceux qui ont du pouvoir ne sont cependant pas sourds ou ignorants, parfois simplement cyniques, choisissant volontairement (et toujours pour des raisons financières) de ne pas s’inquiéter. Le réchauffement climatique par exemple est un fait totalement connu des grands groupes pétroliers, comme Total qui connait aussi et surtout les enjeux économiques que cela implique. Le groupe a par exemple investi des millions d’euros dans un nouveau passage maritime que permet dorénavant la fonte progressive et continue de la banquise. En effet, en juillet 2017 un méthanier de 300 mètres de long, portant le nom de « Christophe de Margerie » (du nom de l’ancien Pdg de Total décédé en 2014) a franchi sans encombre le passage nord-est bordant les côtes septentrionales de la Sibérie dans l’océan Arctique, rejoignant en seulement 15 jours l’Asie par le détroit de Béring. 

Depuis, de nouveaux méthaniers sont progressivement amenés à faire le même trajet. Ce qui amène en outre l’hypothèse d’un scénario-catastrophe pris très au sérieux : le risque élevé de marée noire dans un environnement que les chercheurs de l’université de Laval, au Québec, disent très vulnérable face à un déversement de ce type. L’ancien membre d’Europe Écologie Les Verts André Gattolin a déclaré, dans un rapport de la Commission des affaires étrangères du Sénat, qu’il serait « tout à fait impossible de lutter contre une marée noire en milieu polaire » ce que confirme le Conseil de l’Arctique : aucun pays n’aurait les moyens de réagir, techniquement, en cas de marée noire en Arctique. Si cela devait se produire, les conséquences seraient dramatiques. 

The Road Warrior (George Miller, 1981)

Pour en revenir au choix délibéré d’ignorer les conseils et avertissements, un rapport publié fin 2016 par l’ONG environnementale Oil Change International explique que, pour espérer ne pas dépasser les 2°C d’ici à 2050, il faut impérativement stopper, dès maintenant, « toute nouvelle construction d’infrastructure extractive. » Une conclusion que ne veut absolument pas entendre Patrick Pouyanné, actuel Pdg de Total. Dans un élan vers le pire, il a en effet affiché sa volonté devant un parterre d’actionnaires de relancer la production et l’extraction d’hydrocarbures, et dévoilé au passage une liste d’une dizaine de gisements prêts à être prochainement développés à travers le monde…

Je viens d’évoquer la limite fatidique des 2°C que les climatologues espèrent ne pas voir dépasser (si le réchauffement se poursuit et que nous dépassions les 2° supplémentaires, nous entrerions dans un modèle de monde inconnu, et cela mènerait à un emballement climatique possiblement brutal). En l’état actuel des choses, cela semble mal engagé. Mais même si nous parvenions à nous limiter et ne pas dépasser le seuil des 2 degrés supplémentaires, la moindre augmentation de température modifierait déjà considérablement le monde tel que nous le connaissons (hausse des mers, disparition de la biodiversité, rationnement compliqué, niveau de vie en baisse, en gros la définition de l’effondrement). Certains indices montrent que des gouvernements craignent une menace imminente. En août 2016, l’Allemagne a adopté un plan de défense civile inédit depuis la Guerre froide, officiellement par crainte terroriste, et qui incite ses citoyens à stocker et d’avoir toujours au minimum une à deux semaines de ravitaillement d’avance chez eux, comme nos grands-parents en leur temps. Officieusement, il se dit que le gouvernement allemand réimprimerait des Deutschemarks, selon Dennis Meadows, ce qui ne témoignerait pas de leur confiance absolue en lavenir de l’Europe.

Le réchauffement climatique entraîne une fonte des glaciers, non seulement des pôles mais aussi ceux de l’Himalaya qui alimentent sept grands fleuves d’Asie, et réduit l’approvisionnement en eau de millions de personnes. Depuis quelques années, l’Inde souffre de plus en plus d’épisodes de chaleur et de sécheresse d’une intensité et de durée sans précédent. En 2015, 10 états sur les 29 de la fédération indienne ont manqué d’eau avec la réduction dramatique du Gange. Pour ne rien arranger, à cause de l’accès restreint à l’eau potable, des tensions historiques existent entre l’Inde et le Pakistan, deux pays détenant l’arme nucléaire et qui ont déjà menacé de l’utiliser l’un contre l’autre à cause des conflits liés au fleuve Indus, dont dépend la vie du Pakistan. Le fleuve diminue en taille de façon catastrophique avec les centaines de millions de riverains qui en consomment de plus en plus son eau. Nous savons quune crise climatique va avoir lieu dans ces régions et priver des millions de personnes deau, ce qui évoluera rapidement en soulèvement du peuple, et probablement dégénérer en conflit armé, provoquant famine, ruptures d’approvisionnement dans d’autres régions, déclencher une pandémie, etc.

Les ressources hydrologiques se retrouvent gravement menacées ailleurs dans le monde en raison des problèmes de gestion des eaux usées (déversées dans l’environnement et qui s’infiltrent dans les eaux de surface ou souterraines), de la pollution par les hydrocarbures, des produits chimiques de synthèse et polluants persistants comme les matières plastiques et pesticides, des résidus de produits pharmaceutiques, ou encore de la pollution radioactive. La qualité de l’eau se trouve dégradée, et peut avoir pour résultat la détérioration du fonctionnement des écosystèmes.
 
Green Soylent (Richard Fleischer, 1973)

Il est, évidemment, toujours question d’argent. Il faut investir pour traiter et purifier l’eau. Or, les infrastructures traitant des eaux municipales et industrielles et d’assainissement ont beau être surchargées, leur amélioration est coûteuse.

Année après année, l’ONG américaine Global Footprint Network, qui calcule la « journée du dépassement » (date à laquelle l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an), estime que nous vivons à crédit de plus en plus tôt. Ainsi, le 2 août 2017, la planète a pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres et consommé plus d’eau que ce que la nature ne peut procurer au cours d’une seule année, et les émissions de gaz à effet de serre ont été plus importantes que ce que les océans et les forêts ne peuvent absorber. L’humanité utiliserait ainsi les ressources naturelles 1,7 fois plus vite que les écosystèmes ne peuvent régénérer.

Terminator 2: Judgment Day (James Cameron, 1991)

« Le bateau coule, il nous reste à sombrer avec élégance » (Michel Onfray, Décadence)

Cependant, auprès du public, les choses et les comportements ont malgré tout évolué depuis quelques temps. Sur Internet (en évitant évidemment des sites complotistes, extrémistes ou politisés), une grande partie des internautes affichent dorénavant leur croyance pour un effondrement imminent. Ils espèrent toutefois réussir à au moins en atténuer les conséquences. Mais s’il y a une prise de conscience, il y aussi une grande part d’incertitude, de réticence à y croire. Par mécanisme de défense ou simplement par manque d’outils et d’informations pour faire face à ce qui est, la psyché humaine embrasse plus facilement le déni. 

Comme dans un deuil, le déni est la première réaction à la moindre chose désagréable, et un état infantile permettant d’atténuer ou de créer une distance par rapport à un drame, une réalité trop brutale ou comme ici un scénario crédible et effrayant sur le sort de notre planète (surtout quand on pense naïvement être à l’abri de toute catastrophe). Comme l’a déclaré l’astrophysicien Hubert Reeves : « Ce qui est terrifiant aujourd’hui c’est l’augmentation de la température terrestre. Pourtant les gens vivent comme si tout cela n’existait pas ! Si je me pose la question de savoir comment sera la Terre dans trente ans, et son habitabilité, je ne peux vous le dire. Nous sommes dans une période de changement profond de tout ce qui touche la vie terrestre. Je crois que la vie continuera. La vie est très riche. Nous ne sommes pas en mesure d’éliminer la vie sur le globe. Mais quelles seront les adaptations, quelle sera celle de l’être humain ? C’est cela la vraie question. Les espèces qui durent sont celles qui savent s’adapter. »

Sommes-nous en mesure de nous adapter à l’environnement que nous sommes en train de créer plus ou moins inconsciemment ? Si le monde existe encore demain, après un basculement majeur comme celui qui nous pend au nez, il est évident que ce ne sera pas sans traumatisme. Là-dessus, le cinéma post-apocalyptique (et depuis quelques années les séries) nous a considérablement abreuvé de l’imagerie noire et de la représentation de fin du monde, avec ces héros se baladant au milieu de la mélancolie des ruines, luttant pour leur survie en menant des existences débarrassées des carcans de la société.
 
Blade Runner 2049 (Denis Villeneuve, 2017)

Même dans les films les plus récents, il y a des éléments incongrus relevés par l’Américain James Howard Kunstler, romancier, essayiste et journaliste. Il soulève quelques questions intrigantes notamment au sujet de Blade Runner 2049 et de la saga Mad Max, en dépit de l’inintérêt de ses critiques d’un point de vue artistique (il est sorti de la séance avant la fin du film de Villeneuve qu’il jugeait « intellectuellement insultant »). « Blade Runner 2049 est plein de rétro-anachronismes hilarants – des choses qui nous entourent maintenant et ne seront probablement plus là dans le futur. La signature typique dans de nombreuses dystopies de science-fiction récentes est la présence supposée d’automobiles. »

Pour lui, il s’agit là de « pièges monotones de la production cinématographique, à savoir que nous ne pouvons pas imaginer un avenir – ou n’importe quelle société humaine d’ailleurs – qui ne soit pas centré sur les voitures. » Il revient également sur le rêve d’Elon Musk, et le précédent film de Ridley Scott qui a lieu dans un « Los Angeles rempli de méga-structures palpitantes avec des publicités holographiques. D’où vient l’énergie pour construire tout ça ? Supposément de quelque chose dont M. Musk rêve et dont nous n’avons pas encore entendu parler. Franchement, je ne crois pas qu’un tel miracle soit en chemin. » (Kunstler.com, 13 octobre 2017)

Chez les chercheurs, il y a deux points de vue. Selon le moins pessimiste, celui de Pablo Servigne par exemple, il ne s’agirait pas la fin de l’humanité, et nous verrions aussi davantage d’entraide que de guérillas à la Mad Max. D’après lui, les études sur les survivants de catastrophes brutales (attentats, crashes, tsunamis, ouragan Katrina en 2005, etc.) révèleraient que les scènes de panique et de pillages, qui ont toujours abreuvé BFMTV en images sensationnelles, ont cependant toujours été minoritaires par rapport aux comportements d’entraide et d’auto-organisation qui se sont développés par eux-mêmes.
   
D’autres chercheurs sont moins optimistes, d’autant que nous parlons ici de catastrophe mondiale sans précédent. Les scènes de bagarres pour du Nutella en promotion à Intermarché, ou d’hystérie au premier jour des soldes à H&M, sont généralement assez représentatives des mouvements de masse. D’ailleurs Servigne n’est néanmoins pas si optimiste que ça, et mesure son propos en admettant que l'entraide a ses limites, et peut aussi éventuellement se dégrader sur la durée avant de s’effondrer à son tour.

L’original, atypique mais cependant imparfait A Boy And His Dog (1975 – sorti en France sous le titre Apocalypse 2024) réalisé par L.Q. Jones, présente un monde déshumanisé, âpre, misogyne et dénué de véritable héros. En dépit d’un chien télépathe (cependant plutôt bien introduit) avec lequel communique le protagoniste (le tout jeune Don Johnson), et à l’instar du plus réussi The Road (John Hillcoat, 2009) avec Viggo Mortensen pour lequel son épilogue cruel et ironique le rapproche davantage, il met en scène des paysages dévastés, désertiques et où la barbarie a repris ses droits, quelques années avant l’arrivée de Max Rockatansky.

Mad Max (George Miller, 1979)
  
L’indisponibilité de ressources devenues insuffisantes, conduisant à l’effondrement du système économique à l’échelle planétaire, la surpopulation, le changement brusque et irréversible de l’écosystème mondial, tout cela n’a qu’une seule cause pourtant pointée du doigt : l’activité humaine. Celle-ci a provoqué des modifications importantes et irréversibles dans lenvironnement : agriculture intensive et surpêche, déforestation, évolution de la démographie, industries et transports, fragmentation écologique, réduction ou destruction des habitats, pollutions (de l’air, des eaux et de la terre), augmentation exponentielle de la consommation (donc extraction des ressources fossiles ou minérales comme le charbon, pétrole, gaz naturel, uranium, etc.), changement de cycle de certains éléments (azote, phosphore, soufre), etc., etc. etc. 

Ainsi, il serait trop tard et nous devons nous y résigner. Il est impossible de modifier des systèmes économico-politiques installés ou de changer des habitudes de surconsommation adoptées depuis trop longtemps, et dobliger une société à agir contre sa nature, comme par exemple en répartissant les richesses de façon équitable. Les théories de l’effondrement de la civilisation industrielle nous disent que nous sommes programmées court, et verrouillés sur une trajectoire fonçant droit dans le mur…


*** Liens ***




De la fin d’un monde à la renaissance en 2050 (Yves Cochet, Libération, 23 août 2017)




La fin de la civilisation ? (Marrak, Mediapart, 25 mars 2014)
 
Fin du monde : les survivalistes à bunker ouvert (Emmanuèle Peyret et Coralie Schaub, Libération, 23 mars 2018)
 
L’effondrement qui vient (Renaud Duterme, Pablo Servigne, CADTM, 31 mai 2016)


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